La Chine réorganise son système de sécurité alimentaire

Usine

Après les scandales du lait à la mélamine, du porc au clenbuterol ou des carcasses de porcs retrouvées dans la rivière Huangpu, le problème de la sureté alimentaire revêt une importance toute particulière en Chine. Le sujet a été évoqué lors de l’APN (Assemblée populaire nationale de Chine, parlement chinois). Le gouvernement chinois a procédé à une réorganisation de son système de sécurité alimentaire.

Création de l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques

Bien que la Chine ait accentué la supervision de la sécurité alimentaire par le biais de législation et d’inspections au cours des cinq dernières années, les rapports d’experts ont relevé que la dispersion des contrôles dans des départements différents constituait une faille dans le système.
Regrouper sous un même toit diverses agences gouvernementales pour l’alimentation et les médicaments, l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques, permettra de réduire ce problème.
La future administration aura pour tâche d’effectuer une surveillance unifiée de la sécurité et de la qualité des aliments et des médicaments au cours de leur production, de leur circulation et de leur consommation. Afin de renforcer son autorité, le gouvernement l’a dotée d’un statut ministériel.

Experts et politiques continuent néanmoins de réfléchir.

dépêche xinhua : La Chine élèvera le statut de l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques 

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Fête des lanternes, Rennes vibre avec la Chine

Fidèle à sa longue tradition d’amitié avec la Chine, la capitale bretonne fêtait ce week-end la fin des cérémonies du nouvel an chinois.

Après la reconnaissance, par le général De Gaulle, de la République Populaire de Chine, en 1964, Rennes est la première ville de France à accueillir des étudiants chinois*. Dès 1965, la Bretagne et la province du Shandong où se trouve encore le palais de Confucius, dans la ville de Qufu, signent des accords de collaboration. Ce sont les premiers accords de jumelage entre la ville de Jinan, la capitale du Shandong et Rennes, et la constitution d’un comité de jumelage qui vont permettre les premiers échanges. Presque 50 ans plus tard, quelques-uns de ces étudiants, qui pour certains ont été appelés à de hautes responsabilités en Chine sont toujours en relation avec les étudiants français d’alors qui les avaient accueillis.

Les étudiants chinois à Rennes, une communauté importante.

Aujourd’hui, un grand nombre d’étudiants chinois viennent à Rennes pour poursuivre leurs études. En 2009, les chinois sont de plus en plus nombreux (+ 7,2 %) et ils constituent le second contingent d’étudiants étrangers en France (29 100 en 2009)**. Les premiers étudiants chinois viennent pour étudier la littérature et la culture française, comme l’avaient fait dans les années vingt, Deng Xiaoping, considéré comme le père du développement économique de la Chine et Zhou Enlai, révéré du peuple chinois. Aujourd’hui, nos universités et écoles, moins chères que leurs consœurs américaines, leur offrent des diplômes valorisants principalement en sciences et en économie.

Les bretons apprennent le mandarin.

À l’inverse, les Bretons manifestent un grand intérêt pour la culture et la langue chinoise. À Rennes, Il est désormais possible d’apprendre le mandarin à l’école, à l’université ou à l’Institut Confucius. En 2013, l’Institut avec ses associations sœurs a organisé, une grande semaine pour faire connaître cette culture millénaire dans tous les domaines de l’art : calligraphie, peinture, musique, cinéma, architecture et des traditions festives et populaires qui se poursuivent et se réinventent aujourd’hui.

La semaine chinoise à Rennes.

De nombreuses activités ont émaillé cette « semaine chinoise à Rennes »***, pour les plus petits comme pour les plus grands. La Bibliothèque de Bourg Levesque a proposé aux calligraphes en herbe, sous l’œil bienveillant du peintre calligraphe Wang Chenyu, des ateliers de découvertes. L’Orchestre Symphonique de Bretagne a offert, sous la conduite de son nouveau chef Darell Ang le concert « Adieu le dragon » avec l’ensemble Jing Ying et le violoniste Kong Zhao dans le très bel opéra de Rennes. Une surprise attendait le public : le premier dragon lumineux d’Europe investissait l’opéra, cette très belle et vénérable maison, aujourd’hui ouverte à tous.

Enfin, ce samedi 23 février, qui coïncide pratiquement avec la fin du nouvel an chinois et la fête des Lanternes (21 février), une foule immense a accompagné dragons et lions, sous le son des tambours, cymbales et gongs. De la Place Saint-Anne, à la place de la Mairie en passant par la rue Le Bastard, les enfants et les parents ont pu apprécier leurs performances acrobatiques et parfois leurs facéties.

Un marché de rue était proposé par les étudiants chinois et chacun a pu goûter et apprécier la grande richesse de cette cuisine. Le thé était également à l’honneur, comme la peinture, où sous le pinceau de Wang Chenyu ont écloses de magnifiques pivoines subtiles et flamboyantes, symboles de prospérité pour cette nouvelle année.

Quand, au centre du cœur historique de Rennes, dans cette ville du XVIIIe  siècle, construite à l’époque des lumières, deux grandes cultures se rejoignent, puissent-ils exister des points de rencontre, qui favorisent des échanges fructueux et prospères pour cette nouvelle année.

bibliographie :

In note d’information – Octobre 2008

voir le site : Semaine chinoise

archives INA : Les étudiants chinois à Rennes

Les industriels chinois victimes des bas prix occidentaux ?

usine

Le chinois Beingmate (贝因美), industriel spécialisé dans la fabrication de lait en poudre pour nourrissons, a développé avec la province du Heilongjiang (Nord Est de la Chine) un projet pour stimuler ses approvisionnements en lait frais.
Patatras!, ce projet risque de tomber à l’eau. En effet, alors que l’on estime à 34 000 Yuans (4 200€) la tonne de lait produit localement, le lait en poudre en provenance de Nouvelle Zélande se négociait à 24 000 (2 900€) Yuans la tonne au mois d’août dernier.

Un coup dur pour le mythe du pays de la fabrication à bas coût.

On voit ici que l’on peut concurrencer la Chine sur son propre terrain avec ses propres armes en exportant de la matière première sans valeur ajoutée contrairement à ce que l’on a coutume d’entendre.

Deux options s’ouvrent à la chine :

  • privilégier une politique protectionniste (sociale?) à l’image de celle que quelques politiciens préconisent en Europe. Cette politique pourrait prendre différente forme : taxation du lait importé, subvention du lait produit localement (une sorte PAC chinoise?) voir imposer purement et simplement de recourir aux producteurs locaux.
  • privilégier une stratégie industrielle. Dans ce cas la logique des industriels chinois n’étant pas fondamentalement différente de celle de leurs homologues occidentaux on imagine aisément l’issue.

Dans ce cas précis, la très grande importance apportée à tout ce qui touche au développement des enfants combinée aux scandales de la mélamine risque de complexifier l’analyse. Néanmoins il sera intéressant de surveiller la suite de cet épisode.

Nous allons donc brancher nos sondes pour suivre l’évolution de cet épisode, et tenir nos lecteurs informés.

PS : Le lait en poudre importé d’Europe serait d’un prix encore inférieur au lait néozélandais…

La Chine à l’assaut du cinéma occidental

Festival de Cannes oblige, le cinéma fait aujourd’hui la une de l’actualité. Comme dans bien d’autres domaines, la Chine sort de ses frontières pour conquérir une place de plus en plus grande dans le monde occidental. l’approche se fait sur plusieurs fronts simultanés.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma. Le Chinois Dalian Wanda Group est en train de négocier son entrée au capital d’AMC (American Multi Cinemas). AMC est aujourd’hui le numéro deux des multiplex aux États Unis. Il possède des salles aux États-Unis et au Canada. Le groupe chinois deviendra ainsi le plus grand diffuseur de films au monde.

Une présence remarquée à Cannes.

Bien qu’aucun film chinois ne soit présent dans la sélection officielle cette année à Cannes, quelques films sont néanmoins présentés hors compétition. Comme les années passées, la Chine a marqué sa présence à Cannes par une soirée spéciale avec feux d’artifices et littoral orné des célèbres lanternes rouges chinoises.

Une volonté de reconnaissance avouée.

Le Film «The flowers of war» de Zhang Yimou sorti fin 2011 a été réalisé avec l’objectif avoué d’obtenir un oscar. Pour cela la production a consacré un budget de 90 000$ au film et le rôle principal a été confié à Christian Bale, oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2011. Le film n’a remporté aucun oscar, mais l’intention était là. Gageons que les chinois sauront tirer les leçons de l’improbable succès d’un film muet en noir et blanc et français qui plus est mais excellemment marketé…

Quelque réalisateurs chinois (liste non exhaustive, n’hésitez pas à compléter)

Ang Lee (Tigres et dragons) Wong Kar-wai (in the mood for love) Zhang Yimou (le secret des poignards volants, Hero) John Woo ( les 3 royaumes, mission impossible 2) Chen Kaige (adieu ma concubine) …

Sécurité alimentaire – les autorités chinoises de l’industrie et du commerce publient les chiffres

Selon Wang Meng de l’agence Xinhua (10 Février 2012), sur les onze premiers mois 2011, 62000 affaires liées à des produits alimentaires de mauvaises qualités ont été recensées par les autorités chinoises de l’industrie et du commerce. Au cours de cette période, 43000 entreprises illégales ont été interdites de production, 576 ont été révoquées et 251 font l’objet d’une procédure judiciaire.

Ces chiffres réaffirment une fois de plus le problème de la sécurité alimentaire en Chine. Toutefois, ces irrégularités ont pu être mises au jour grâce à la mise en œuvre des inspections lancées par le ministère de l’industrie et du commerce chinois qui aurait pratiqué 22,14 millions d’inspections dans tout le pays. Ces inspections ont porté sur les produits agricoles, les produits laitiers, les additifs alimentaires, les aliments saisonniers, les huiles comestibles et les spiritueux.

Depuis les scandales des laits en poudre contaminés à la mélamine, le porc contaminé au clenbutérol et de bien d’autres, (voir article précédent) il semble donc que les autorités chinoises, devant la méfiance des consommateurs chinois et celles des occidentaux aient repris, sous couvert de transparence, la maîtrise de l’information.

Il reste toutefois un long chemin à parcourir pour recouvrer la confiance des chinois envers leurs aliments et notamment les plus sensibles. La France, qui est reconnue auprès des Chinois, pour la qualité et la sécurité de ses aliments va-t-elle encore se laisser déborder par d’autres pays, notamment par les Néozélandais ou les Australiens sur les produits laitiers et sur certains vins ? Dans une période où notre balance commerciale est déficitaire, ne faudrait-il pas saisir cette opportunité ?

Rester vigilants est toutefois la règle à appliquer avant de se lancer. La vision du business en Chine n’est pas totalement celle de l’occident. Le secret de la réussite réside entre l’affirmation de la spécificité française tout en respectant les codes chinois.

En conclusion, faut-il citer Sun Tzu  dans l’art de la guerre,  ” Qui connaît l’autre et se connaît, en cent combats ne sera point défait ; qui ne connaît pas l’autre mais se connaît, sera vainqueur une fois sur deux ; qui ne se connaît pas plus que l’autre qu’il ne se connaît sera toujours défait « Sun Tzu «l’art de la guerre”.

De nouvelles mesures pour sécuriser les aliments en Chine

Le scandale du lait contaminé en Chine apparu en septembre 2008 avait soulevé de nombreux débats et mis en évidence les insuffisances des systèmes de contrôle qualité ainsi que la question du droit à l’information en terme de sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, le Ministère de la santé chinois, selon Wang Meng de l’agence de presse Xinhua (31 Janvier 2012), vient d’annoncer que les normes alimentaires actuelles en Chine devraient être révisées d’ici la fin 2015. L’objectif affiché est de réduire «les chevauchements et les contradictions» entre les 1900 réglementations alimentaires nationales, les 1200 normes locales et les 3000 normes de l’industrie alimentaire.

Les additifs alimentaires, l’étiquetage des produits, les contaminants, les biotoxines et les résidus de pesticides feront également l’objet d’une nouvelle approche. La modification de la réglementation sur la sécurité des aliments, en s’appuyant sur des études scientifiques, va également être accélérée.

Après la révolution verte et les effets de la décollectivisation, la Chine a vu une augmentation substantielle de sa production agricole qui lui permet d’être aujourd’hui autosuffisante et d’exporter. Cette évolution s’est également accompagnée d’une modification des modes de distribution et de consommation des aliments. Aujourd’hui, ce n’est plus tant la sécurité alimentaire que la sécurité sanitaire des aliments qui pose problème. La Chine depuis les nombreux scandales* dont la presse s’est fait l’écho, sait que son système est inadapté et la méfiance grandissante des consommateurs en Chine comme à l’export, conduit désormais le Gouvernement chinois à réagir.

En Europe, les diverses réglementations sont contraignantes pour nos industries alimentaires et nutritionnelles, mais ne présentent-t-elles pas une réelle opportunité pour nos entreprises françaises ? La France (Faguo ou le pays des lois en chinois ) qui peut être encore plus restrictive, ne serait-elle avisée de proposer à une population chinoise de plus en plus urbaine des produits sains ? Exporter en Chine, passe cependant par une meilleure connaissance de l’autre et de la culture chinoise. Le marketing et la communication doivent s’adapter.

Pour mémoire, le plus connu est celui de l’intoxication par de la mélamine en 2008 de 294 000 d’enfants en bas âge, souffrant de calculs rénaux. Six seraient morts. La mélamine, est une substance chimique riche en azote. Elle est généralement utilisée dans la fabrication des plastiques et colles. Elle aurait été ajoutée au lait infantile afin de relever le taux d’azote et passer les contrôles. Trois entreprises chinoises ont été concernées dans un premier temps, puis une vingtaine d’autres ensuite. Au total, plus de cent produits laitiers ont été concernés. Ce grave incident a dépassé les marques chinoises puisque plusieurs sociétés occidentales ont été obligées de retirer certains de leurs produits fabriqués avec du lait chinois. Ce scandale ne s’est pas arrêté au lait, œufs contaminés à la mélamine, sucre blanchi avec des décolorants industriels, traitement de riz moisi, blanchi, mélangé à de l’huile minérale, nouilles de riz blanchi avec un décolorant industriel, épinard, pois, raviolis exportés vers le Japon contenant des pesticides.

Rouge

Le rouge est omniprésent en Chine car le rouge est la couleur du bonheur et de la chance. Il n’en a pas été toujours ainsi.

Urnes en laque, mausolé Ming de DingLing
Urnes en laque, mausolé Ming de DingLing

Le rouge dans les périodes reculées était synonyme de mort, remplacé depuis par le blanc.

Au rouge est associée la légende du nian (guo nian – passer le nouvel an), cet animal féroce et maléfique qui a peur de la lumière et du rouge. Pour s’en préserver, les habitants disposent lors du nouvel an chinois à l’entrée de leur maison des banderoles rouges.Le rouge est la couleur du mariage.

Les pochettes (hongbao) servent à mettre l’argent de la chance que l’on offre généralement au nouvel an chinois aux célibataires, enfants et adolescents mais elles peuvent être offertes à tout moment. C’est la couleur du partage des profits dans l’entreprise (fen hong). Dans l’opéra de Beijing (costumes et maquillage), le rouge a un sens positif qui symbolise la loyauté et le courage.

La porte rouge dans la chine ancienne était le symbole d’une famille riche et puissante. Le rouge dont on peignait les riches, en marquait sans équivoque le luxe et le bonheur qui y devaient régner. Le pavillon rouge désignait plus spécialement les appartements intimes des femmes de classe supérieure.

Par contre, lorsqu’il s’agissait des tuiles d’une toiture, le rouge ne pouvait caractériser qu’un édifice inhabitable. Les tuiles jaunes étaient réservées aux bâtiments impériaux, le vert aux demeures des nobles et le bleu aux sanctuaires et les eunuques comme le bas peuple au gris.

La couleur – vecteur émotionnel – comprendre par la peinture

Qufu 2008

En Chine les couleurs peuvent avoir une signification qui diffère grandement de la nôtre en France. Quand on travaille avec les Chinois, il est bon de savoir ce qu’elle représente pour eux.

En comparant la palette chromatique vive et soutenue en occident jusqu’à l’époque contemporaine, il est sans doute difficile pour un occidental de comprendre et d’apprécier la portée spirituelle et émotionnelle de la peinture chinoise. Toutefois, elle nous offre un excellent repère pour comprendre l’utilisation de la couleur en chine.

Si au cours de deux millénaires, la peinture chinoise a évolué, ce qui interpelle en premier lieu, c’est l’usage subtil et parcimonieux de la couleur. Cet usage est à mettre en relation avec le rôle fondamental joué par les lettrés qui peignaient en amateurs (wenren hua) pour échapper aux turpitudes du monde. Leurs goûts esthétiques ont largement influencé la pratique des artistes de métier et les artisans. Modération et retenue, valeurs essentielles de la culture chinoise les ont conduit vers des représentations simples et discrètes pour exprimer des émotions profondes, notamment dans les peintures de paysages (shanshui hua) ou dans les scènes de vie (figure humaine – renwu hua). L’extravagance était plutôt exprimée par les artistes de cour et la verve populaire des peintres professionnels et artisans.

L’usage du pinceau, souple, doux, terminé par une pointe effilée et de l’encre déclinée en plusieurs tonalités selon les dilutions dans l’eau – d’une encre, cinq couleurs, dit le Vieil adage – ont fait naître une variété de styles tant pour la peinture que l’écriture. La maîtrise de ces objets permet de rendre la matière, de suggérer l’espace, de mettre en relief les détails.

Si comme en occident, les couleurs sont obtenues par broyage et mélange de pigments dans l’eau, l’usage en est différent. Le peintre ne cherche pas à reproduire fidèlement l’objet mais à créer une atmosphère, à traduire un sentiment. La peinture d’idée (xieyi) avec son approche libre et expressive, ses lavis légèrement teintés empreints de douceur est particulièrement représentative. Elle s’oppose au style « méticuleux et richement coloré » (gongbi shongcu).

Le dragon symbole, différences entre orient et occident

Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. En occident, le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Les symboles ne sont donc pas les mêmes, le dragon est un bon exemple des différences qui peuvent exister entre les approches orientales et occidentales dont il faut tenir
compte, lors de nos échanges.

Le dragon asiatique

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Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. Il apparaît et disparaît à volonté, s’élevant dans le ciel à l’équinoxe de printemps et plongeant dans les eaux à l’équinoxe d’automne. Dans l’ancienne Chine féodale, il symbolisait le yang, un des deux principes avec le yin, régissant l’univers. Il représentait l’autorité impériale et chaque empereur était l’incarnation du dragon dont l’image ornait tous les attributs de l’empereur. Profondément enraciné dans la culture du pays depuis des millénaires, il reste aujourd’hui encore une image tutélaire des chinois, qui se veulent des descendants du dragon « long de chuan ren». De la préhistoire aux époques Qin et Han, sa forme n’était pas encore établie, il pouvait ressembler à un porc ou à un serpent. Son aspect actuel, fruit d’une longue évolution est le suivant : corps de serpent, pattes de lézard, serres de faucon, cornes de cervidé, queue de poisson et face barbue. Une perle est souvent représentée à ses côtés. Cette forme était déjà fixée sous la dynastie Song. Chen Rong*, fonctionnaire impérial, (jinshu en 1235 sous le règne de Lizong, préfet de divers districts avant de rejoindre la capitale impériale), lettré, peintre, poète et calligraphe le représentait déjà sous cette forme. Les images du dragon de Chen rong rayonnèrent hors de Chine. La majorité des images japonaises du dragon sont inspirées de son oeuvre qui sont encore conservées dans les musées japonais.

Dragon à l’encre, Chen Rong, époque Song du sud, rouleau encre et couleurs sur soie, 201,5 cm x 130,5 cm, musée de la province de Guangdong à Guangzhou.

le dragon occidental

Issu de traditions celtiques, le dragon apparaît dès l’art paléochrétien.Le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Comme en latin, draco signifie à la fois dragon et serpent, le dragon est lié au serpent et en particulier au tentateur de la Genèse, qui a poussé Adam et Ève à goûter le fruit défendu. Les encyclopédies médiévales le classifient donc comme un serpent.

Le dragon est représenté le plus souvent avec deux pattes griffues, une longue queue de reptile, des ailes, (voir Vitale d’Aimo de Cavalli de Bologne 1330-1359 – Panneau de Saint-Georges et la princesse ») voire plusieurs têtes (tapisserie de l’apocalypse). Tapisserie de l’apocalypse, tissée entre 1373-1384 par Nicolas bataille, l’ange et le dragon, dessiné par Jean Bondol, qui avait nourri son inspiration des manuscrits peints en possession du roi Charles V.

Le dragon est terrassé par de nombreux saints (Saint-Michel, Saint-Georges) dans des combats qui symbolisent le triomphe du Bien sûr le Mal, voire la victoire du christianisme sur le paganisme.

*Repères : Règne de Saint-Louis (1214-1270) la Sainte Chapelle, l’art du Vitrail…