Les industriels chinois victimes des bas prix occidentaux ?

usine

Le chinois Beingmate (贝因美), industriel spécialisé dans la fabrication de lait en poudre pour nourrissons, a développé avec la province du Heilongjiang (Nord Est de la Chine) un projet pour stimuler ses approvisionnements en lait frais.
Patatras!, ce projet risque de tomber à l’eau. En effet, alors que l’on estime à 34 000 Yuans (4 200€) la tonne de lait produit localement, le lait en poudre en provenance de Nouvelle Zélande se négociait à 24 000 (2 900€) Yuans la tonne au mois d’août dernier.

Un coup dur pour le mythe du pays de la fabrication à bas coût.

On voit ici que l’on peut concurrencer la Chine sur son propre terrain avec ses propres armes en exportant de la matière première sans valeur ajoutée contrairement à ce que l’on a coutume d’entendre.

Deux options s’ouvrent à la chine :

  • privilégier une politique protectionniste (sociale?) à l’image de celle que quelques politiciens préconisent en Europe. Cette politique pourrait prendre différente forme : taxation du lait importé, subvention du lait produit localement (une sorte PAC chinoise?) voir imposer purement et simplement de recourir aux producteurs locaux.
  • privilégier une stratégie industrielle. Dans ce cas la logique des industriels chinois n’étant pas fondamentalement différente de celle de leurs homologues occidentaux on imagine aisément l’issue.

Dans ce cas précis, la très grande importance apportée à tout ce qui touche au développement des enfants combinée aux scandales de la mélamine risque de complexifier l’analyse. Néanmoins il sera intéressant de surveiller la suite de cet épisode.

Nous allons donc brancher nos sondes pour suivre l’évolution de cet épisode, et tenir nos lecteurs informés.

PS : Le lait en poudre importé d’Europe serait d’un prix encore inférieur au lait néozélandais…

Alimentation infantile : publication d’une nouvelle réglementation en Chine

Le ministère chinois de la santé multiplie en ce moment les annonces liées à la sécurité alimentaire.

Dans un pays où l’ambition affichée est de devenir un grand pays exportateur de produits alimentaires et où la politique de l’enfant unique a fait de l’enfant, le bien le plus précieux de la famille, il était urgent pour la Chine après le scandale de la contamination des laits infantiles à la mélamine, de rétablir son image, à la fois sur son marché intérieur et à l’international.

Samedi 4 février 2012, une réglementation relative à la standardisation des « préparations pour nourrissons destinées aux enfants souffrant de maladies congénitales.» vient d’être annoncée par l’agence Xinhua. Selon l’agence, le ministère de la santé considère que l’alimentation de ces enfants nécessite des préparations adaptées.

Six typologies de préparations infantiles pour enfants atteints de maladies congénitales sont présentées dans une annexe. L’agence Xinhua précise que selon le règlement, les formules récemment développées sont exclues de l’annexe et qu’elles doivent être fabriquées conformément aux normes nationales de sécurité alimentaire. Toutes les formulations devront également s’appuyer sur des études scientifiques avérées.

Formulations sans lactose, formulations pour prématurés, compléments à l’allaitement maternel devront désormais se conformer à la nouvelle réglementation publiée vendredi 3 Février dernier par le ministère chinois de la santé.