Mort du peintre franco-chinois Chu Teh-Chun

Urnes Rouges

Chu Teh-Chun (朱德群), peintre franco-chinois est décédé le 25 mars 2014 à Paris. Après des études à la prestigieuse École des beaux-arts de Hangzhou (杭州) il s’installe à Paris en 1955. Il est admis à l’académie des beaux arts de Paris en 1997.

La symbiose des cultures franco-chinoise comme source d’inspiration

Ses œuvres de factures abstraites et généralement de grandes tailles ainsi que celle  de Zao Wu-Ki (赵无极), autre peintre franco-chinois décédé en 2013, symbolisent à nos yeux la symbiose des cultures française et chinoise et constituent une grande part de notre inspiration à Cap Bleu Communication.

La Chine à l’assaut du cinéma occidental

Festival de Cannes oblige, le cinéma fait aujourd’hui la une de l’actualité. Comme dans bien d’autres domaines, la Chine sort de ses frontières pour conquérir une place de plus en plus grande dans le monde occidental. l’approche se fait sur plusieurs fronts simultanés.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma. Le Chinois Dalian Wanda Group est en train de négocier son entrée au capital d’AMC (American Multi Cinemas). AMC est aujourd’hui le numéro deux des multiplex aux États Unis. Il possède des salles aux États-Unis et au Canada. Le groupe chinois deviendra ainsi le plus grand diffuseur de films au monde.

Une présence remarquée à Cannes.

Bien qu’aucun film chinois ne soit présent dans la sélection officielle cette année à Cannes, quelques films sont néanmoins présentés hors compétition. Comme les années passées, la Chine a marqué sa présence à Cannes par une soirée spéciale avec feux d’artifices et littoral orné des célèbres lanternes rouges chinoises.

Une volonté de reconnaissance avouée.

Le Film «The flowers of war» de Zhang Yimou sorti fin 2011 a été réalisé avec l’objectif avoué d’obtenir un oscar. Pour cela la production a consacré un budget de 90 000$ au film et le rôle principal a été confié à Christian Bale, oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2011. Le film n’a remporté aucun oscar, mais l’intention était là. Gageons que les chinois sauront tirer les leçons de l’improbable succès d’un film muet en noir et blanc et français qui plus est mais excellemment marketé…

Quelque réalisateurs chinois (liste non exhaustive, n’hésitez pas à compléter)

Ang Lee (Tigres et dragons) Wong Kar-wai (in the mood for love) Zhang Yimou (le secret des poignards volants, Hero) John Woo ( les 3 royaumes, mission impossible 2) Chen Kaige (adieu ma concubine) …

La couleur – vecteur émotionnel – comprendre par la peinture

Qufu 2008

En Chine les couleurs peuvent avoir une signification qui diffère grandement de la nôtre en France. Quand on travaille avec les Chinois, il est bon de savoir ce qu’elle représente pour eux.

En comparant la palette chromatique vive et soutenue en occident jusqu’à l’époque contemporaine, il est sans doute difficile pour un occidental de comprendre et d’apprécier la portée spirituelle et émotionnelle de la peinture chinoise. Toutefois, elle nous offre un excellent repère pour comprendre l’utilisation de la couleur en chine.

Si au cours de deux millénaires, la peinture chinoise a évolué, ce qui interpelle en premier lieu, c’est l’usage subtil et parcimonieux de la couleur. Cet usage est à mettre en relation avec le rôle fondamental joué par les lettrés qui peignaient en amateurs (wenren hua) pour échapper aux turpitudes du monde. Leurs goûts esthétiques ont largement influencé la pratique des artistes de métier et les artisans. Modération et retenue, valeurs essentielles de la culture chinoise les ont conduit vers des représentations simples et discrètes pour exprimer des émotions profondes, notamment dans les peintures de paysages (shanshui hua) ou dans les scènes de vie (figure humaine – renwu hua). L’extravagance était plutôt exprimée par les artistes de cour et la verve populaire des peintres professionnels et artisans.

L’usage du pinceau, souple, doux, terminé par une pointe effilée et de l’encre déclinée en plusieurs tonalités selon les dilutions dans l’eau – d’une encre, cinq couleurs, dit le Vieil adage – ont fait naître une variété de styles tant pour la peinture que l’écriture. La maîtrise de ces objets permet de rendre la matière, de suggérer l’espace, de mettre en relief les détails.

Si comme en occident, les couleurs sont obtenues par broyage et mélange de pigments dans l’eau, l’usage en est différent. Le peintre ne cherche pas à reproduire fidèlement l’objet mais à créer une atmosphère, à traduire un sentiment. La peinture d’idée (xieyi) avec son approche libre et expressive, ses lavis légèrement teintés empreints de douceur est particulièrement représentative. Elle s’oppose au style « méticuleux et richement coloré » (gongbi shongcu).

Le dragon symbole, différences entre orient et occident

Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. En occident, le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Les symboles ne sont donc pas les mêmes, le dragon est un bon exemple des différences qui peuvent exister entre les approches orientales et occidentales dont il faut tenir
compte, lors de nos échanges.

Le dragon asiatique

DragonYuYuan

Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. Il apparaît et disparaît à volonté, s’élevant dans le ciel à l’équinoxe de printemps et plongeant dans les eaux à l’équinoxe d’automne. Dans l’ancienne Chine féodale, il symbolisait le yang, un des deux principes avec le yin, régissant l’univers. Il représentait l’autorité impériale et chaque empereur était l’incarnation du dragon dont l’image ornait tous les attributs de l’empereur. Profondément enraciné dans la culture du pays depuis des millénaires, il reste aujourd’hui encore une image tutélaire des chinois, qui se veulent des descendants du dragon « long de chuan ren». De la préhistoire aux époques Qin et Han, sa forme n’était pas encore établie, il pouvait ressembler à un porc ou à un serpent. Son aspect actuel, fruit d’une longue évolution est le suivant : corps de serpent, pattes de lézard, serres de faucon, cornes de cervidé, queue de poisson et face barbue. Une perle est souvent représentée à ses côtés. Cette forme était déjà fixée sous la dynastie Song. Chen Rong*, fonctionnaire impérial, (jinshu en 1235 sous le règne de Lizong, préfet de divers districts avant de rejoindre la capitale impériale), lettré, peintre, poète et calligraphe le représentait déjà sous cette forme. Les images du dragon de Chen rong rayonnèrent hors de Chine. La majorité des images japonaises du dragon sont inspirées de son oeuvre qui sont encore conservées dans les musées japonais.

Dragon à l’encre, Chen Rong, époque Song du sud, rouleau encre et couleurs sur soie, 201,5 cm x 130,5 cm, musée de la province de Guangdong à Guangzhou.

le dragon occidental

Issu de traditions celtiques, le dragon apparaît dès l’art paléochrétien.Le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Comme en latin, draco signifie à la fois dragon et serpent, le dragon est lié au serpent et en particulier au tentateur de la Genèse, qui a poussé Adam et Ève à goûter le fruit défendu. Les encyclopédies médiévales le classifient donc comme un serpent.

Le dragon est représenté le plus souvent avec deux pattes griffues, une longue queue de reptile, des ailes, (voir Vitale d’Aimo de Cavalli de Bologne 1330-1359 – Panneau de Saint-Georges et la princesse ») voire plusieurs têtes (tapisserie de l’apocalypse). Tapisserie de l’apocalypse, tissée entre 1373-1384 par Nicolas bataille, l’ange et le dragon, dessiné par Jean Bondol, qui avait nourri son inspiration des manuscrits peints en possession du roi Charles V.

Le dragon est terrassé par de nombreux saints (Saint-Michel, Saint-Georges) dans des combats qui symbolisent le triomphe du Bien sûr le Mal, voire la victoire du christianisme sur le paganisme.

*Repères : Règne de Saint-Louis (1214-1270) la Sainte Chapelle, l’art du Vitrail…