La Chine réorganise son système de sécurité alimentaire

Usine

Après les scandales du lait à la mélamine, du porc au clenbuterol ou des carcasses de porcs retrouvées dans la rivière Huangpu, le problème de la sureté alimentaire revêt une importance toute particulière en Chine. Le sujet a été évoqué lors de l’APN (Assemblée populaire nationale de Chine, parlement chinois). Le gouvernement chinois a procédé à une réorganisation de son système de sécurité alimentaire.

Création de l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques

Bien que la Chine ait accentué la supervision de la sécurité alimentaire par le biais de législation et d’inspections au cours des cinq dernières années, les rapports d’experts ont relevé que la dispersion des contrôles dans des départements différents constituait une faille dans le système.
Regrouper sous un même toit diverses agences gouvernementales pour l’alimentation et les médicaments, l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques, permettra de réduire ce problème.
La future administration aura pour tâche d’effectuer une surveillance unifiée de la sécurité et de la qualité des aliments et des médicaments au cours de leur production, de leur circulation et de leur consommation. Afin de renforcer son autorité, le gouvernement l’a dotée d’un statut ministériel.

Experts et politiques continuent néanmoins de réfléchir.

dépêche xinhua : La Chine élèvera le statut de l’Administration nationale des produits alimentaires et pharmaceutiques 

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Alimentation infantile : publication d’une nouvelle réglementation en Chine

Le ministère chinois de la santé multiplie en ce moment les annonces liées à la sécurité alimentaire.

Dans un pays où l’ambition affichée est de devenir un grand pays exportateur de produits alimentaires et où la politique de l’enfant unique a fait de l’enfant, le bien le plus précieux de la famille, il était urgent pour la Chine après le scandale de la contamination des laits infantiles à la mélamine, de rétablir son image, à la fois sur son marché intérieur et à l’international.

Samedi 4 février 2012, une réglementation relative à la standardisation des « préparations pour nourrissons destinées aux enfants souffrant de maladies congénitales.» vient d’être annoncée par l’agence Xinhua. Selon l’agence, le ministère de la santé considère que l’alimentation de ces enfants nécessite des préparations adaptées.

Six typologies de préparations infantiles pour enfants atteints de maladies congénitales sont présentées dans une annexe. L’agence Xinhua précise que selon le règlement, les formules récemment développées sont exclues de l’annexe et qu’elles doivent être fabriquées conformément aux normes nationales de sécurité alimentaire. Toutes les formulations devront également s’appuyer sur des études scientifiques avérées.

Formulations sans lactose, formulations pour prématurés, compléments à l’allaitement maternel devront désormais se conformer à la nouvelle réglementation publiée vendredi 3 Février dernier par le ministère chinois de la santé.

De nouvelles mesures pour sécuriser les aliments en Chine

Le scandale du lait contaminé en Chine apparu en septembre 2008 avait soulevé de nombreux débats et mis en évidence les insuffisances des systèmes de contrôle qualité ainsi que la question du droit à l’information en terme de sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, le Ministère de la santé chinois, selon Wang Meng de l’agence de presse Xinhua (31 Janvier 2012), vient d’annoncer que les normes alimentaires actuelles en Chine devraient être révisées d’ici la fin 2015. L’objectif affiché est de réduire «les chevauchements et les contradictions» entre les 1900 réglementations alimentaires nationales, les 1200 normes locales et les 3000 normes de l’industrie alimentaire.

Les additifs alimentaires, l’étiquetage des produits, les contaminants, les biotoxines et les résidus de pesticides feront également l’objet d’une nouvelle approche. La modification de la réglementation sur la sécurité des aliments, en s’appuyant sur des études scientifiques, va également être accélérée.

Après la révolution verte et les effets de la décollectivisation, la Chine a vu une augmentation substantielle de sa production agricole qui lui permet d’être aujourd’hui autosuffisante et d’exporter. Cette évolution s’est également accompagnée d’une modification des modes de distribution et de consommation des aliments. Aujourd’hui, ce n’est plus tant la sécurité alimentaire que la sécurité sanitaire des aliments qui pose problème. La Chine depuis les nombreux scandales* dont la presse s’est fait l’écho, sait que son système est inadapté et la méfiance grandissante des consommateurs en Chine comme à l’export, conduit désormais le Gouvernement chinois à réagir.

En Europe, les diverses réglementations sont contraignantes pour nos industries alimentaires et nutritionnelles, mais ne présentent-t-elles pas une réelle opportunité pour nos entreprises françaises ? La France (Faguo ou le pays des lois en chinois ) qui peut être encore plus restrictive, ne serait-elle avisée de proposer à une population chinoise de plus en plus urbaine des produits sains ? Exporter en Chine, passe cependant par une meilleure connaissance de l’autre et de la culture chinoise. Le marketing et la communication doivent s’adapter.

Pour mémoire, le plus connu est celui de l’intoxication par de la mélamine en 2008 de 294 000 d’enfants en bas âge, souffrant de calculs rénaux. Six seraient morts. La mélamine, est une substance chimique riche en azote. Elle est généralement utilisée dans la fabrication des plastiques et colles. Elle aurait été ajoutée au lait infantile afin de relever le taux d’azote et passer les contrôles. Trois entreprises chinoises ont été concernées dans un premier temps, puis une vingtaine d’autres ensuite. Au total, plus de cent produits laitiers ont été concernés. Ce grave incident a dépassé les marques chinoises puisque plusieurs sociétés occidentales ont été obligées de retirer certains de leurs produits fabriqués avec du lait chinois. Ce scandale ne s’est pas arrêté au lait, œufs contaminés à la mélamine, sucre blanchi avec des décolorants industriels, traitement de riz moisi, blanchi, mélangé à de l’huile minérale, nouilles de riz blanchi avec un décolorant industriel, épinard, pois, raviolis exportés vers le Japon contenant des pesticides.