La Chine à l’assaut du cinéma occidental

Festival de Cannes oblige, le cinéma fait aujourd’hui la une de l’actualité. Comme dans bien d’autres domaines, la Chine sort de ses frontières pour conquérir une place de plus en plus grande dans le monde occidental. l’approche se fait sur plusieurs fronts simultanés.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma. Le Chinois Dalian Wanda Group est en train de négocier son entrée au capital d’AMC (American Multi Cinemas). AMC est aujourd’hui le numéro deux des multiplex aux États Unis. Il possède des salles aux États-Unis et au Canada. Le groupe chinois deviendra ainsi le plus grand diffuseur de films au monde.

Une présence remarquée à Cannes.

Bien qu’aucun film chinois ne soit présent dans la sélection officielle cette année à Cannes, quelques films sont néanmoins présentés hors compétition. Comme les années passées, la Chine a marqué sa présence à Cannes par une soirée spéciale avec feux d’artifices et littoral orné des célèbres lanternes rouges chinoises.

Une volonté de reconnaissance avouée.

Le Film «The flowers of war» de Zhang Yimou sorti fin 2011 a été réalisé avec l’objectif avoué d’obtenir un oscar. Pour cela la production a consacré un budget de 90 000$ au film et le rôle principal a été confié à Christian Bale, oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2011. Le film n’a remporté aucun oscar, mais l’intention était là. Gageons que les chinois sauront tirer les leçons de l’improbable succès d’un film muet en noir et blanc et français qui plus est mais excellemment marketé…

Quelque réalisateurs chinois (liste non exhaustive, n’hésitez pas à compléter)

Ang Lee (Tigres et dragons) Wong Kar-wai (in the mood for love) Zhang Yimou (le secret des poignards volants, Hero) John Woo ( les 3 royaumes, mission impossible 2) Chen Kaige (adieu ma concubine) …

Tendances électorales

Pas très créatif

Presidentielles2012

La diffusion des clips vidéos officiels pour la campagne des élections présidentielles a commencé depuis peu. La majorité des clips est réalisée suivant les recettes ancestrales : un candidat statique sur fond fixe (bleu de préférence) qui nous assène d’un ton monocorde sa profession de foi. Pas très créatif tout ça!
Tous les clips atones? non, 3 clips marquent une inflexion.

Les techniques du spot publicitaire

François Hollande, Eva Joly et Philippe Poutou utilisent carrément les techniques du spot publicitaire.
Alternance d’images fixes qui martèlent des mots clés avec des séquences animées très punchies du candidat pour François Hollande. Sollicitation de l’œil et de l’oreille.
Scénario et mise en scène originale pour Eva Joly. Superbe environnement tout blanc, on s’attend à voir Georges Clooney arriver avec sa cafetière N… sous le bras. Ambiance onirique.
Parodie de Question pour un champion chez Philippe Poutou. Mode décalé.

La fin des clips à la papa ?

Ces trois clips marquent une rupture avec le ronron des clips électoraux de papa. Mais comment évaluer leur impacts ? Guetter une éventuelle inflexion des courbes d’intention de vote ne semble pas la bonne solution, trop de facteurs influent et il n’est pas aisé de savoir quelle part attribuer à un élément plus qu’un autre. Par contre il sera intéressant d’observer les prochains clips à venir, les candidats étant aptes à changer de pied rapidement on pourra peut être déjà constater l’influence de ces nouveaux clips dès le second tour de l’élection présidentielle, mais plus vraisemblablement faudra-t-il attendre les élections législatives et suivantes.

Des clips électoraux que l’on aura envie de voir et revoir

Ensuite viendra le temps où les staffs des politiciens nous proposerons des clips électoraux que l’on aura envie de voir et revoir.
En période électorale on peut toujours rêver…

«À nouveaux consommateurs, nouveau marketing»

Selon Philippe Jourdan, François Laurent, Jean-Claude Pacitto, qui viennent de publier sous cet intitulé un livre aux éditions Dunod, un nouvel acteur, le conso’battant a émergé avec la crise que nous subissons depuis 2007.

Le conso’battant consomme moins et est plus attentif. Il recherche les informations qui vont lui permettre de prendre des décisions d’achat pertinentes. Selon les auteurs, les comportements des consommateurs français sont à l’origine de bien des changements actuels dans le secteur de la distribution. Elle n’est désormais plus considérée comme l’ultime rempart contre la vie chère.

Le conso’battant n’hésite plus à fréquenter les magasins discount. Désormais 15 % des achats alimentaires y sont effectués. Selon leur étude, la grande distribution ne correspond plus aux attentes du conso-battant.

Il diffère ses achats, attend les soldes, les déstockages. Il est orienté prix, les compare et décrypte les tactiques des marques et les fausses promotions. (par exemple les packs familiaux ou en lots plus chers qu’un achat individuel). Très attentif, il demande plus de transparence, s’inscrit dans la durée et ne souhaite pas d’innovations d’opportunité. ll est éduqué et lucide.

Il favorise les achats plus locaux, les circuits courts, les épiceries de quartier. Il s’inscrit dans une éthique de consommation durable. Il évite le gaspillage et la pollution, par exemple les achats en doses individuelles ne sont plus plébiscités et il ne surdose pas les produits d’entretien. Il veut des valeurs et du sens.

Ces attitudes vont contraindre les entreprises des PAI, de l’agroalimentaire, de la distribution à revoir et à repenser leur stratégie marketing et de communication. Quelles sont les attentes de ces nouveaux consommateurs en termes d’innovation ? Comment surmonter la défiance envers les marques, comment mettre en place un dialogue efficace avec le conso’battant ?

Mettre le consommateur au cœur des processus nécessite un changement profond des approches marketing et de communication.

Biographie des auteurs Philippe Jourdan – Docteur ès Sciences de gestion, HEC et Maître de conférences à l’université d’Evry, chercheur au Cerag (CNRS) et membre du comité scientifique du CESP. François Laurent – Président du comité scientifique de Panel-on-the web, coprésident de l’ADETEM.Jean-Claude Pacitto – Maître de conférences à l’université Paris Est et membre de l’IRG. Il s’intéresse à la gestion de la PME, notamment en termes d’innovation et de commercialisation, et à la rationalité des dirigeants de PME. Il étudie également les relations inter-entreprises et les stratégies dans la grande distribution.