La couleur – vecteur émotionnel – comprendre par la peinture

En Chine les couleurs peuvent avoir une signification qui diffère grandement de la nôtre en France. Quand on travaille avec les Chinois, il est bon de savoir ce qu’elle représente pour eux.

En comparant la palette chromatique vive et soutenue en occident jusqu’à l’époque contemporaine, il est sans doute difficile pour un occidental de comprendre et d’apprécier la portée spirituelle et émotionnelle de la peinture chinoise. Toutefois, elle nous offre un excellent repère pour comprendre l’utilisation de la couleur en chine.

Si au cours de deux millénaires, la peinture chinoise a évolué, ce qui interpelle en premier lieu, c’est l’usage subtil et parcimonieux de la couleur. Cet usage est à mettre en relation avec le rôle fondamental joué par les lettrés qui peignaient en amateurs (wenren hua) pour échapper aux turpitudes du monde. Leurs goûts esthétiques ont largement influencé la pratique des artistes de métier et les artisans. Modération et retenue, valeurs essentielles de la culture chinoise les ont conduit vers des représentations simples et discrètes pour exprimer des émotions profondes, notamment dans les peintures de paysages (shanshui hua) ou dans les scènes de vie (figure humaine – renwu hua). L’extravagance était plutôt exprimée par les artistes de cour et la verve populaire des peintres professionnels et artisans.

L’usage du pinceau, souple, doux, terminé par une pointe effilée et de l’encre déclinée en plusieurs tonalités selon les dilutions dans l’eau – d’une encre, cinq couleurs, dit le Vieil adage – ont fait naître une variété de styles tant pour la peinture que l’écriture. La maîtrise de ces objets permet de rendre la matière, de suggérer l’espace, de mettre en relief les détails.

Si comme en occident, les couleurs sont obtenues par broyage et mélange de pigments dans l’eau, l’usage en est différent. Le peintre ne cherche pas à reproduire fidèlement l’objet mais à créer une atmosphère, à traduire un sentiment. La peinture d’idée (xieyi) avec son approche libre et expressive, ses lavis légèrement teintés empreints de douceur est particulièrement représentative. Elle s’oppose au style « méticuleux et richement coloré » (gongbi shongcu).

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