Café: le Vietnam compte devenir le leader mondial

café

Le Vietnam est aujourd’hui le second exportateur mondial de café. Face aux évolutions des modes de consommation, il réorganise sa production vers plus de naturalité et de services. Les enzymes produites par fermentation en milieu solide (FMS) sont utilisées lors du démucilage, comme alternatives naturelles à l’extraction par solvants. Des coffee shops hauts de gamme se créent, sur le modèle des « Starbucks ».

 

Production du Café : un objectif de développement durable

L’initiative consiste à faire évoluer la production vers une solution de marché équitable et/ou bio. L’obtention de produits certifiés rendue possible par la réduction des intrants, l’optimisation de l’usage de l’eau et des terres est désormais une véritable différenciation. Cette démarche qualitative qui réorganise et forme les petits producteurs vers plus de qualité leur permet de se positionner sur des marchés plus hauts de gamme. La qualité se valorise mieux, ce critère est donc le leitmotiv pour gagner en niveau de vie, sans laisser pour compte les minorités.

Extraction du café : les enzymes préservent la naturalité

La production Vietnamienne était orientée en grande partie vers le marché britannique consommateur de café soluble (expresso, cappuccino…), de type robusta. Ce type de consommation lui a permis de devenir en à peine 30 ans le deuxième producteur mondial de café. L’apparition et le fort développement mondial des coffee shops ont toutefois changé la donne en privilégiant les arômes et les terroirs. Ces lieux de dégustation haut de gamme achètent des grains d’arabica et s’assurent de leur qualité gustative en les torréfiant eux-mêmes. Pour répondre à ces attentes environnementales et gustatives, les coopératives de producteurs vietnamiens ont souhaité s’assurer de la préservation des composants aromatiques à la source. La substitution des technologies à base de solvants lors du démucilage des grains de café par celles des enzymes produits par FMS leur a permis de changer leur image et de se positionner sur la naturalité et la préservation des arômes.

S’adapter aux nouveaux modes de consommation du café

La plupart des grains sont exportés sous forme de grains de café verts et ne sont ni torréfiés ni conditionnés au Vietnam. La valeur ajoutée se fait dans les pays torréfacteurs. Au-delà de l’usage des enzymes produites par Fermentation en milieu solide, certaines coopératives et producteurs souhaitent désormais aller plus loin. Le Vietnamien Dang Le Nguyen Vu, à l’instar de « Starbucks » propose désormais avec ses « Highlands coffee » sa propre chaîne de coffee shops haut de gamme à Hanoï. Son ambition est de convaincre le marché américain puis de conquérir le marché mondial.

Sources :
How Vietnam became a coffee giant By Chris Summers BBC News

voir également :
Pu’er (普洱) la capitale chinoise du thé adopte une nouvelle culture : le café

La Chine à l’assaut du cinéma occidental

Festival de Cannes oblige, le cinéma fait aujourd’hui la une de l’actualité. Comme dans bien d’autres domaines, la Chine sort de ses frontières pour conquérir une place de plus en plus grande dans le monde occidental. l’approche se fait sur plusieurs fronts simultanés.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma.

La Chine marque de plus en plus son empreinte dans l’industrie du cinéma. Le Chinois Dalian Wanda Group est en train de négocier son entrée au capital d’AMC (American Multi Cinemas). AMC est aujourd’hui le numéro deux des multiplex aux États Unis. Il possède des salles aux États-Unis et au Canada. Le groupe chinois deviendra ainsi le plus grand diffuseur de films au monde.

Une présence remarquée à Cannes.

Bien qu’aucun film chinois ne soit présent dans la sélection officielle cette année à Cannes, quelques films sont néanmoins présentés hors compétition. Comme les années passées, la Chine a marqué sa présence à Cannes par une soirée spéciale avec feux d’artifices et littoral orné des célèbres lanternes rouges chinoises.

Une volonté de reconnaissance avouée.

Le Film «The flowers of war» de Zhang Yimou sorti fin 2011 a été réalisé avec l’objectif avoué d’obtenir un oscar. Pour cela la production a consacré un budget de 90 000$ au film et le rôle principal a été confié à Christian Bale, oscar du meilleur acteur dans un second rôle en 2011. Le film n’a remporté aucun oscar, mais l’intention était là. Gageons que les chinois sauront tirer les leçons de l’improbable succès d’un film muet en noir et blanc et français qui plus est mais excellemment marketé…

Quelque réalisateurs chinois (liste non exhaustive, n’hésitez pas à compléter)

Ang Lee (Tigres et dragons) Wong Kar-wai (in the mood for love) Zhang Yimou (le secret des poignards volants, Hero) John Woo ( les 3 royaumes, mission impossible 2) Chen Kaige (adieu ma concubine) …

Tendances électorales

Pas très créatif

Presidentielles2012La diffusion des clips vidéos officiels pour la campagne des élections présidentielles a commencé depuis peu. La majorité des clips est réalisée suivant les recettes ancestrales : un candidat statique sur fond fixe (bleu de préférence) qui nous assène d’un ton monocorde sa profession de foi. Pas très créatif tout ça!
Tous les clips atones? non, 3 clips marquent une inflexion.

Les techniques du spot publicitaire

François Hollande, Eva Joly et Philippe Poutou utilisent carrément les techniques du spot publicitaire.
Alternance d’images fixes qui martèlent des mots clés avec des séquences animées très punchies du candidat pour François Hollande. Sollicitation de l’œil et de l’oreille.
Scénario et mise en scène originale pour Eva Joly. Superbe environnement tout blanc, on s’attend à voir Georges Clooney arriver avec sa cafetière N… sous le bras. Ambiance onirique.
Parodie de Question pour un champion chez Philippe Poutou. Mode décalé.

La fin des clips à la papa ?

Ces trois clips marquent une rupture avec le ronron des clips électoraux de papa. Mais comment évaluer leur impacts ? Guetter une éventuelle inflexion des courbes d’intention de vote ne semble pas la bonne solution, trop de facteurs influent et il n’est pas aisé de savoir quelle part attribuer à un élément plus qu’un autre. Par contre il sera intéressant d’observer les prochains clips à venir, les candidats étant aptes à changer de pied rapidement on pourra peut être déjà constater l’influence de ces nouveaux clips dès le second tour de l’élection présidentielle, mais plus vraisemblablement faudra-t-il attendre les élections législatives et suivantes.

Des clips électoraux que l’on aura envie de voir et revoir

Ensuite viendra le temps où les staffs des politiciens nous proposerons des clips électoraux que l’on aura envie de voir et revoir.
En période électorale on peut toujours rêver…

Danone réalise plus de la moitié de ses ventes dans les pays émergents

L’économie européenne et ses industries agro-alimentaires qui ne visent que le marché intérieur ou européen sont à la peine. Danone aborde toutefois 2012 avec sérénité, car le groupe a atteint l’an passé ses objectifs de croissance grâce à de bonnes performances dans les pays émergents, où le groupe réalise plus de la moitié de ses ventes.

Danone est le numéro un mondial des produits laitiers frais et de l’eau en bouteille. Le groupe est également présent dans la nutrition infantile et médicale, grâce à la vente il y a quatre ans de ses activités de biscuits à Kraft Foods pour 5,3 milliards d’euros. Il avait pu ainsi racheter les activités de nutrition médicale et infantile du néerlandais Numico, en lançant une OPA de 12,3 milliards d’euros.

À la question posée lors de la conférence de presse (février 2012), sur le rachat des activités de la nutrition infantile de Wyeth, que Pfizer envisage de céder, Franck Riboud s’est refusé à tout commentaire. Il s’est montré toutefois intéressé par des actifs qui viendraient consolider le portefeuille du groupe, et a ajouté que Danone avait «la capacité à réaliser des acquisitions mais pas aussi structurante que celle de Numico». La division lait infantile de Wyeth, serait valorisée selon certains analystes entre huit et 10 milliards de dollars. Le groupe Nestlé est également régulièrement cité dans la presse comme candidat potentiel à ce rachat.

Danone, dont les marques les plus connues sont les yaourts Activia, les yaourts grecs Oikos* aux États-Unis et les eaux Evian, a enregistré en 2011 un chiffre d’affaires 19.318 millions d’euros, soit une hausse 7,8% en données comparables, dont 15,7% dans les eaux tandis que son bénéfice net courant s’est chiffré à 1.749 millions. Danone reste donc confiant pour 2012 et envisage pour cette année une croissance de son chiffre d’affaires de 5% à 7%, en données comparables même si ses hypothèses pour les tendances de consommation en Europe de l’Ouest restent peu optimistes avec une prévision d’une hausse des matières premières de l’ordre de de 5% .

Aux Etats-Unis, le segment du yaourt grec est le principal moteur de croissance. Avec l’émergence du yaourt grec, la marque Oikos a connu une croissance supérieure à 50 % l’an passé. Elle a pris plus de 30 % de la catégorie en deux ans.

”Source agence Reuters Paris selon conférence de presse Février 2012 de Franck Riboud”

Internet et IAA, secteur en plein développement avec le display intégrant des dispositifs vidéo

En 2011, une croissance supérieure à la moyenne du marché publicitaire (+5,2%) a été enregistrée par IAB-SRI selon une étude réalisé par Kantar Media. Les investissements publicitaires on-line bruts s’élèvent à 3,48 milliards d’euros (+7,6%) et le display (voir article précédent) avec 4972 annonceurs actifs représente la plus forte progression sur le marché du plurimédia (12,5% du marché publicitaires français). Le secteur de l’agroalimentaire a progressé fortement et constitue un réservoir de potentialités important via des dispositifs intégrant la vidéo.

Selon Kantar, les annonceurs de display génèrent à eux seuls 94% des investissements publicitaires bruts on-line. Ceux-ci ont consacré en moyenne 15,2% de leur budget au web, et sont donc des sur-investisseurs au regard du poids Internet moyen (12,5%).

Le on-line, qui génère 70,9 % des recettes du web est combiné au moins à un autre média pour 2/3 des annonceurs et 62 % d’entre-eux sont présents sur la TV. Fait notoire, 2011, 690 annonceurs ont utilisé le format vidéo dont 20% sont issus de la grande consommation.

Si les secteurs de la culture et des loisirs, de la banque et des assurances, de l’automobile et le transport restent prédominants sur le web, l’étude montre que le secteur de l’agro-alimentaire progresse fortement. Elle a notamment constitué un réservoir important de progression pour le display, avec une part de marché de 8,3%, notamment via des dispositifs digitaux intégrant la vidéo, pour atteindre 190,4 millions d’euros bruts (+10,5%). Dans le même temps sur ce secteur d’activité, publicité extérieure, TV et presse ont fortement diminués.

Sur ce secteur, le nombre (186) d’annonceurs* du secteur présents sur le Web a parallèlement progressé de 11,1%.  Les deux leaders du secteur, Kraft Foods et Unilever, sont d’ailleurs sur-investisseurs sur le média, avec des parts de marché display respectives de 9,5 et 16,7 %.

Top 10 des annonceurs display allant de 15,4 à 5,7 millions d’euros, Mars, Nespresso et Unilever ayant révélées de fortes progressions en 2011

  • Kraft foods
  • Unilever
  • Nespresso
  • Danone
  • Nestlé
  • Lactalis
  • Mars
  • Blédina
  • Kellog’s
  • Sara lee Coffee & Tea

Source : 

étude Kantar Media, baromètre internet, année 2011,10 février 2011, télécharger l’étude sur [http://www.srifrance.org/actualites/sri/205.html|http://www.srifrance.org/actualites/sri/205.html]

«À nouveaux consommateurs, nouveau marketing»

Selon Philippe Jourdan, François Laurent, Jean-Claude Pacitto, qui viennent de publier sous cet intitulé un livre aux éditions Dunod, un nouvel acteur, le conso’battant a émergé avec la crise que nous subissons depuis 2007.

Le conso’battant consomme moins et est plus attentif. Il recherche les informations qui vont lui permettre de prendre des décisions d’achat pertinentes. Selon les auteurs, les comportements des consommateurs français sont à l’origine de bien des changements actuels dans le secteur de la distribution. Elle n’est désormais plus considérée comme l’ultime rempart contre la vie chère.

Le conso’battant n’hésite plus à fréquenter les magasins discount. Désormais 15 % des achats alimentaires y sont effectués. Selon leur étude, la grande distribution ne correspond plus aux attentes du conso-battant.

Il diffère ses achats, attend les soldes, les déstockages. Il est orienté prix, les compare et décrypte les tactiques des marques et les fausses promotions. (par exemple les packs familiaux ou en lots plus chers qu’un achat individuel). Très attentif, il demande plus de transparence, s’inscrit dans la durée et ne souhaite pas d’innovations d’opportunité. ll est éduqué et lucide.

Il favorise les achats plus locaux, les circuits courts, les épiceries de quartier. Il s’inscrit dans une éthique de consommation durable. Il évite le gaspillage et la pollution, par exemple les achats en doses individuelles ne sont plus plébiscités et il ne surdose pas les produits d’entretien. Il veut des valeurs et du sens.

Ces attitudes vont contraindre les entreprises des PAI, de l’agroalimentaire, de la distribution à revoir et à repenser leur stratégie marketing et de communication. Quelles sont les attentes de ces nouveaux consommateurs en termes d’innovation ? Comment surmonter la défiance envers les marques, comment mettre en place un dialogue efficace avec le conso’battant ?

Mettre le consommateur au cœur des processus nécessite un changement profond des approches marketing et de communication.

Biographie des auteurs Philippe Jourdan – Docteur ès Sciences de gestion, HEC et Maître de conférences à l’université d’Evry, chercheur au Cerag (CNRS) et membre du comité scientifique du CESP. François Laurent – Président du comité scientifique de Panel-on-the web, coprésident de l’ADETEM.Jean-Claude Pacitto – Maître de conférences à l’université Paris Est et membre de l’IRG. Il s’intéresse à la gestion de la PME, notamment en termes d’innovation et de commercialisation, et à la rationalité des dirigeants de PME. Il étudie également les relations inter-entreprises et les stratégies dans la grande distribution.