Mort du peintre franco-chinois Chu Teh-Chun

Urnes Rouges

Chu Teh-Chun (朱德群), peintre franco-chinois est décédé le 25 mars 2014 à Paris. Après des études à la prestigieuse École des beaux-arts de Hangzhou (杭州) il s’installe à Paris en 1955. Il est admis à l’académie des beaux arts de Paris en 1997.

La symbiose des cultures franco-chinoise comme source d’inspiration

Ses œuvres de factures abstraites et généralement de grandes tailles ainsi que celle  de Zao Wu-Ki (赵无极), autre peintre franco-chinois décédé en 2013, symbolisent à nos yeux la symbiose des cultures française et chinoise et constituent une grande part de notre inspiration à Cap Bleu Communication.

Rouge

Le rouge est omniprésent en Chine car le rouge est la couleur du bonheur et de la chance. Il n’en a pas été toujours ainsi.

Urnes en laque, mausolé Ming de DingLing
Urnes en laque, mausolé Ming de DingLing

Le rouge dans les périodes reculées était synonyme de mort, remplacé depuis par le blanc.

Au rouge est associée la légende du nian (guo nian – passer le nouvel an), cet animal féroce et maléfique qui a peur de la lumière et du rouge. Pour s’en préserver, les habitants disposent lors du nouvel an chinois à l’entrée de leur maison des banderoles rouges.Le rouge est la couleur du mariage.

Les pochettes (hongbao) servent à mettre l’argent de la chance que l’on offre généralement au nouvel an chinois aux célibataires, enfants et adolescents mais elles peuvent être offertes à tout moment. C’est la couleur du partage des profits dans l’entreprise (fen hong). Dans l’opéra de Beijing (costumes et maquillage), le rouge a un sens positif qui symbolise la loyauté et le courage.

La porte rouge dans la chine ancienne était le symbole d’une famille riche et puissante. Le rouge dont on peignait les riches, en marquait sans équivoque le luxe et le bonheur qui y devaient régner. Le pavillon rouge désignait plus spécialement les appartements intimes des femmes de classe supérieure.

Par contre, lorsqu’il s’agissait des tuiles d’une toiture, le rouge ne pouvait caractériser qu’un édifice inhabitable. Les tuiles jaunes étaient réservées aux bâtiments impériaux, le vert aux demeures des nobles et le bleu aux sanctuaires et les eunuques comme le bas peuple au gris.

La couleur – vecteur émotionnel – comprendre par la peinture

Qufu 2008

En Chine les couleurs peuvent avoir une signification qui diffère grandement de la nôtre en France. Quand on travaille avec les Chinois, il est bon de savoir ce qu’elle représente pour eux.

En comparant la palette chromatique vive et soutenue en occident jusqu’à l’époque contemporaine, il est sans doute difficile pour un occidental de comprendre et d’apprécier la portée spirituelle et émotionnelle de la peinture chinoise. Toutefois, elle nous offre un excellent repère pour comprendre l’utilisation de la couleur en chine.

Si au cours de deux millénaires, la peinture chinoise a évolué, ce qui interpelle en premier lieu, c’est l’usage subtil et parcimonieux de la couleur. Cet usage est à mettre en relation avec le rôle fondamental joué par les lettrés qui peignaient en amateurs (wenren hua) pour échapper aux turpitudes du monde. Leurs goûts esthétiques ont largement influencé la pratique des artistes de métier et les artisans. Modération et retenue, valeurs essentielles de la culture chinoise les ont conduit vers des représentations simples et discrètes pour exprimer des émotions profondes, notamment dans les peintures de paysages (shanshui hua) ou dans les scènes de vie (figure humaine – renwu hua). L’extravagance était plutôt exprimée par les artistes de cour et la verve populaire des peintres professionnels et artisans.

L’usage du pinceau, souple, doux, terminé par une pointe effilée et de l’encre déclinée en plusieurs tonalités selon les dilutions dans l’eau – d’une encre, cinq couleurs, dit le Vieil adage – ont fait naître une variété de styles tant pour la peinture que l’écriture. La maîtrise de ces objets permet de rendre la matière, de suggérer l’espace, de mettre en relief les détails.

Si comme en occident, les couleurs sont obtenues par broyage et mélange de pigments dans l’eau, l’usage en est différent. Le peintre ne cherche pas à reproduire fidèlement l’objet mais à créer une atmosphère, à traduire un sentiment. La peinture d’idée (xieyi) avec son approche libre et expressive, ses lavis légèrement teintés empreints de douceur est particulièrement représentative. Elle s’oppose au style « méticuleux et richement coloré » (gongbi shongcu).