Le dragon symbole, différences entre orient et occident

Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. En occident, le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Les symboles ne sont donc pas les mêmes, le dragon est un bon exemple des différences qui peuvent exister entre les approches orientales et occidentales dont il faut tenir
compte, lors de nos échanges.

Le dragon asiatique

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Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. Il apparaît et disparaît à volonté, s’élevant dans le ciel à l’équinoxe de printemps et plongeant dans les eaux à l’équinoxe d’automne. Dans l’ancienne Chine féodale, il symbolisait le yang, un des deux principes avec le yin, régissant l’univers. Il représentait l’autorité impériale et chaque empereur était l’incarnation du dragon dont l’image ornait tous les attributs de l’empereur. Profondément enraciné dans la culture du pays depuis des millénaires, il reste aujourd’hui encore une image tutélaire des chinois, qui se veulent des descendants du dragon « long de chuan ren». De la préhistoire aux époques Qin et Han, sa forme n’était pas encore établie, il pouvait ressembler à un porc ou à un serpent. Son aspect actuel, fruit d’une longue évolution est le suivant : corps de serpent, pattes de lézard, serres de faucon, cornes de cervidé, queue de poisson et face barbue. Une perle est souvent représentée à ses côtés. Cette forme était déjà fixée sous la dynastie Song. Chen Rong*, fonctionnaire impérial, (jinshu en 1235 sous le règne de Lizong, préfet de divers districts avant de rejoindre la capitale impériale), lettré, peintre, poète et calligraphe le représentait déjà sous cette forme. Les images du dragon de Chen rong rayonnèrent hors de Chine. La majorité des images japonaises du dragon sont inspirées de son oeuvre qui sont encore conservées dans les musées japonais.

Dragon à l’encre, Chen Rong, époque Song du sud, rouleau encre et couleurs sur soie, 201,5 cm x 130,5 cm, musée de la province de Guangdong à Guangzhou.

le dragon occidental

Issu de traditions celtiques, le dragon apparaît dès l’art paléochrétien.Le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Comme en latin, draco signifie à la fois dragon et serpent, le dragon est lié au serpent et en particulier au tentateur de la Genèse, qui a poussé Adam et Ève à goûter le fruit défendu. Les encyclopédies médiévales le classifient donc comme un serpent.

Le dragon est représenté le plus souvent avec deux pattes griffues, une longue queue de reptile, des ailes, (voir Vitale d’Aimo de Cavalli de Bologne 1330-1359 – Panneau de Saint-Georges et la princesse ») voire plusieurs têtes (tapisserie de l’apocalypse). Tapisserie de l’apocalypse, tissée entre 1373-1384 par Nicolas bataille, l’ange et le dragon, dessiné par Jean Bondol, qui avait nourri son inspiration des manuscrits peints en possession du roi Charles V.

Le dragon est terrassé par de nombreux saints (Saint-Michel, Saint-Georges) dans des combats qui symbolisent le triomphe du Bien sûr le Mal, voire la victoire du christianisme sur le paganisme.

*Repères : Règne de Saint-Louis (1214-1270) la Sainte Chapelle, l’art du Vitrail…

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