Danone réalise plus de la moitié de ses ventes dans les pays émergents

L’économie européenne et ses industries agro-alimentaires qui ne visent que le marché intérieur ou européen sont à la peine. Danone aborde toutefois 2012 avec sérénité, car le groupe a atteint l’an passé ses objectifs de croissance grâce à de bonnes performances dans les pays émergents, où le groupe réalise plus de la moitié de ses ventes.

Danone est le numéro un mondial des produits laitiers frais et de l’eau en bouteille. Le groupe est également présent dans la nutrition infantile et médicale, grâce à la vente il y a quatre ans de ses activités de biscuits à Kraft Foods pour 5,3 milliards d’euros. Il avait pu ainsi racheter les activités de nutrition médicale et infantile du néerlandais Numico, en lançant une OPA de 12,3 milliards d’euros.

À la question posée lors de la conférence de presse (février 2012), sur le rachat des activités de la nutrition infantile de Wyeth, que Pfizer envisage de céder, Franck Riboud s’est refusé à tout commentaire. Il s’est montré toutefois intéressé par des actifs qui viendraient consolider le portefeuille du groupe, et a ajouté que Danone avait «la capacité à réaliser des acquisitions mais pas aussi structurante que celle de Numico». La division lait infantile de Wyeth, serait valorisée selon certains analystes entre huit et 10 milliards de dollars. Le groupe Nestlé est également régulièrement cité dans la presse comme candidat potentiel à ce rachat.

Danone, dont les marques les plus connues sont les yaourts Activia, les yaourts grecs Oikos* aux États-Unis et les eaux Evian, a enregistré en 2011 un chiffre d’affaires 19.318 millions d’euros, soit une hausse 7,8% en données comparables, dont 15,7% dans les eaux tandis que son bénéfice net courant s’est chiffré à 1.749 millions. Danone reste donc confiant pour 2012 et envisage pour cette année une croissance de son chiffre d’affaires de 5% à 7%, en données comparables même si ses hypothèses pour les tendances de consommation en Europe de l’Ouest restent peu optimistes avec une prévision d’une hausse des matières premières de l’ordre de de 5% .

Aux Etats-Unis, le segment du yaourt grec est le principal moteur de croissance. Avec l’émergence du yaourt grec, la marque Oikos a connu une croissance supérieure à 50 % l’an passé. Elle a pris plus de 30 % de la catégorie en deux ans.

”Source agence Reuters Paris selon conférence de presse Février 2012 de Franck Riboud”

Internet et IAA, secteur en plein développement avec le display intégrant des dispositifs vidéo

En 2011, une croissance supérieure à la moyenne du marché publicitaire (+5,2%) a été enregistrée par IAB-SRI selon une étude réalisé par Kantar Media. Les investissements publicitaires on-line bruts s’élèvent à 3,48 milliards d’euros (+7,6%) et le display (voir article précédent) avec 4972 annonceurs actifs représente la plus forte progression sur le marché du plurimédia (12,5% du marché publicitaires français). Le secteur de l’agroalimentaire a progressé fortement et constitue un réservoir de potentialités important via des dispositifs intégrant la vidéo.

Selon Kantar, les annonceurs de display génèrent à eux seuls 94% des investissements publicitaires bruts on-line. Ceux-ci ont consacré en moyenne 15,2% de leur budget au web, et sont donc des sur-investisseurs au regard du poids Internet moyen (12,5%).

Le on-line, qui génère 70,9 % des recettes du web est combiné au moins à un autre média pour 2/3 des annonceurs et 62 % d’entre-eux sont présents sur la TV. Fait notoire, 2011, 690 annonceurs ont utilisé le format vidéo dont 20% sont issus de la grande consommation.

Si les secteurs de la culture et des loisirs, de la banque et des assurances, de l’automobile et le transport restent prédominants sur le web, l’étude montre que le secteur de l’agro-alimentaire progresse fortement. Elle a notamment constitué un réservoir important de progression pour le display, avec une part de marché de 8,3%, notamment via des dispositifs digitaux intégrant la vidéo, pour atteindre 190,4 millions d’euros bruts (+10,5%). Dans le même temps sur ce secteur d’activité, publicité extérieure, TV et presse ont fortement diminués.

Sur ce secteur, le nombre (186) d’annonceurs* du secteur présents sur le Web a parallèlement progressé de 11,1%.  Les deux leaders du secteur, Kraft Foods et Unilever, sont d’ailleurs sur-investisseurs sur le média, avec des parts de marché display respectives de 9,5 et 16,7 %.

Top 10 des annonceurs display allant de 15,4 à 5,7 millions d’euros, Mars, Nespresso et Unilever ayant révélées de fortes progressions en 2011

  • Kraft foods
  • Unilever
  • Nespresso
  • Danone
  • Nestlé
  • Lactalis
  • Mars
  • Blédina
  • Kellog’s
  • Sara lee Coffee & Tea

Source : 

étude Kantar Media, baromètre internet, année 2011,10 février 2011, télécharger l’étude sur [http://www.srifrance.org/actualites/sri/205.html|http://www.srifrance.org/actualites/sri/205.html]

Marketing interactif – vous avez dit display ?

La publicité sur Internet porte désormais globalement le nom de display et désigne l’achat d’espace associé à l’utilisation d’éléments graphiques ou visuels (bandeaux, pavés, skyscrapers, etc.). Ce terme, qui couvre la publicité classique sur internet, n’a pas toujours été utilisé.

Le mot display s’est dans un premier temps, essentiellement développé pour distinguer la publicité internet classique des campagnes de liens commerciaux. Cette fonction de distinction s’estompe actuellement, car les campagnes de liens commerciaux intègrent de plus en plus souvent la diffusion d’éléments graphiques payée au CPM ou CPC.

CPM est l’acronyme utilisé couramment pour le Coût Pour Mille qui correspond au coût facturé à l’annonceur pour mille impressions ou affichages de la création publicitaire. La facturation porte généralement sur le volume réel de contacts délivrés et autorise l’annonceur à choisir le volume d’affichage précis souhaité, indépendamment de l’audience du média choisi.

CPC est l’acronyme couramment utilisé pour désigner le Coût Par Clic.  Dans ce cas, la facturation se fait en fonction du nombre de clics et non plus en fonction du volume ou de la durée d’affichage. Le CPC est préconisé dans le cadre du développement des offres de marketing à la performance faites aux annonceurs.

Quelques exemples de displays

  • Bannières
  • Liens contextuels sponsorisés ou liens commerciaux,
  • Sponsoring de rubriques
  • Formats publicitaires sur newsletters
  • Streaming vidéo
  • et toute autre opération spéciale de visibilité publicitaire.

Sécurité alimentaire – les autorités chinoises de l’industrie et du commerce publient les chiffres

Selon Wang Meng de l’agence Xinhua (10 Février 2012), sur les onze premiers mois 2011, 62000 affaires liées à des produits alimentaires de mauvaises qualités ont été recensées par les autorités chinoises de l’industrie et du commerce. Au cours de cette période, 43000 entreprises illégales ont été interdites de production, 576 ont été révoquées et 251 font l’objet d’une procédure judiciaire.

Ces chiffres réaffirment une fois de plus le problème de la sécurité alimentaire en Chine. Toutefois, ces irrégularités ont pu être mises au jour grâce à la mise en œuvre des inspections lancées par le ministère de l’industrie et du commerce chinois qui aurait pratiqué 22,14 millions d’inspections dans tout le pays. Ces inspections ont porté sur les produits agricoles, les produits laitiers, les additifs alimentaires, les aliments saisonniers, les huiles comestibles et les spiritueux.

Depuis les scandales des laits en poudre contaminés à la mélamine, le porc contaminé au clenbutérol et de bien d’autres, (voir article précédent) il semble donc que les autorités chinoises, devant la méfiance des consommateurs chinois et celles des occidentaux aient repris, sous couvert de transparence, la maîtrise de l’information.

Il reste toutefois un long chemin à parcourir pour recouvrer la confiance des chinois envers leurs aliments et notamment les plus sensibles. La France, qui est reconnue auprès des Chinois, pour la qualité et la sécurité de ses aliments va-t-elle encore se laisser déborder par d’autres pays, notamment par les Néozélandais ou les Australiens sur les produits laitiers et sur certains vins ? Dans une période où notre balance commerciale est déficitaire, ne faudrait-il pas saisir cette opportunité ?

Rester vigilants est toutefois la règle à appliquer avant de se lancer. La vision du business en Chine n’est pas totalement celle de l’occident. Le secret de la réussite réside entre l’affirmation de la spécificité française tout en respectant les codes chinois.

En conclusion, faut-il citer Sun Tzu  dans l’art de la guerre,  ” Qui connaît l’autre et se connaît, en cent combats ne sera point défait ; qui ne connaît pas l’autre mais se connaît, sera vainqueur une fois sur deux ; qui ne se connaît pas plus que l’autre qu’il ne se connaît sera toujours défait « Sun Tzu «l’art de la guerre”.

La Stévia une alternative végétale naturelle entre plaisir et équilibre alimentaire !

L’article du Monde du 3 Février dernier précise que selon l’Ania, les résultats de l’étude sur le fructose des trois scientifiques américains de l’université de Californie, parue dans la revue scientifique Nature, seraient inappropriés à la France car déformés par le prisme américain. On ne saurait trop rappeler le PNNS qui préconise de limiter les consommations en sucre, quelqu’en soient les origines.

Produits sucrés à limiter, un des 9 repères du PNNS.

Que dit le PNNS ?

Calorique, le sucre consommé en excès participe à la prise de poids et à l’obésité, au développement d’un diabète, notamment du diabète 2, dit « gras », aux maladies cardiovasculaires… et à la formation des caries dentaires. Le PNNS recommande d’en limiter la consommation, de préférer par exemple un fruit, qui contient des fibres et des vitamines qui contribuent au rassasiement.

Une attention toute particulière est portée sur les boissons sucrées, comme les sodas qui apportent des « calories vides », c’est-à-dire des calories apportées sans apport de nutriment intéressant. Pour le PNNS, un verre de soda, c’est 6 morceaux de sucre !!! Les sodas sont donc à réserver pour les aspects festifs et pour tous les jours, il est préférable de consommer de l’eau, la seule boisson indispensable.

Les produits dits « light » peuvent être une solution pour consommer moins de sucre. Dans ce type de produit, le sucre est remplacé par un édulcorant qui confère à l’aliment un goût sucré sans en apporter les calories. Par contre, ils ne permettent pas de « se sevrer du goût sucré » et contribuent à entretenir la prédilection pour le goût sucré.

Toutefois, en Janvier 2011, le Réseau Environnement Santé a attiré l’attention sur deux études, l’une portant sur l’ensemble des édulcorants de synthèse dont l’aspartame, qui provoquerait des naissances avant terme chez la femme, l’autre réalisée sur des souris chez qui l’aspartame, l’édulcorant de synthèse le plus utilisé au monde dans plus de 6000 produits, provoquerait certains cancers. Face à ces résultats, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a programmé une réévaluation complète pour une finalisation en 2012. Pour la France, le Ministre de la santé, a demandé à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), une « réponse précise » sur les éventuelles difficultés que poserait l’aspartame.

Réglementation et taxation en France et en Europe

Faut-il également rappeler que les boissons sucrées (sodas, nectars et boissons à base de fruits – Code NC 2009 et NC 2202 du tarif des douanes) font l’objet en France d’une taxation de 7,16 euros par hectolitre entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Celle-ci est applicable aux fabricants et à leurs importateurs. Comme le montant de la taxe est seulement assujetti au volume, les bouteilles soda premier prix, les marques distributeur seront donc plus impactées que les marques nationales (de 40, 12 comparés aux 9 % plus chers). La consommation de masse des boissons sucrées sera-t-elle ainsi découragée ?

Les boissons édulcorées intégralement à l’aide d’édulcorants d’origine naturelle ne sont pas concernées par la taxe. Seules les boissons contenant des sucres ajoutés et les boissons « light » contenant des édulcorants de synthèse sont taxées. Les édulcorants d’origine naturelle n’entreraient donc pas dans le périmètre de la loi. La DGCCRF rappelle également que « si l’édulcorant provient d’une source végétale par des procédés physiques n’en modifiant pas la nature chimique, et que ce type de procédés est admis pour la fabrication des arômes dont la réglementation prévoit qu’ils puissent être qualifiés de naturels, une communication faisant référence à l’origine naturelle de cet édulcorant est admise ».

Au-delà, de la taxation, l’information sur l étiquetage des aliments sera plus transparente avec la réglementation européenne sur l’étiquetage des produits alimentaires. Publiée en novembre 2011, elle rend obligatoire, d’ici à 2016, un étiquetage mentionnant la valeur énergétique, la quantité de graisses, d’acides gras saturés, de glucides, de sucres, de protéines et de sel.

Cette réglementation va dans le bons sens pour les consommateurs à la recherche d informations qui leur permettent de prendre des décisions d’achat éclairées.

Des alternatives à trouver pour les industriels de l’agroalimentaire

Si la France a joué le rôle de figure de proue en autorisant dès fin 2009 (arrêté du 26/08/09) le rébaudioside A purifié extrait de Stévia, désormais les glycosides de stéviol (extraits de Stévia) sont autorisés au plan européen (Le règlement n°1131/2011 – JOUE du 12/11/11 dans plusieurs catégories de denrées). L’Autorité a fixé une dose journalière acceptable (DJA) pour les glycosides de stéviol, exprimée en équivalents stéviols, de 4 mg/kg de poids corporel/ jour. De nouvelles perspectives de formulation sont donc possibles en tenant compte des particularités du marché des matières premières. « À pouvoir sucrant équivalent, ces glycosides de stéviol sont moins chers que le sucre, tandis que le rébaudioside A purifié, qui était le seul autorisé en France depuis 2009, est un peu plus cher» », selon certains industriels français, en considérant un cours du sucre moyen à 600 €/t.

 

Les nouvelles perspectives qu’offre donc la Stévia doivent désormais s’appuyer sur la formulation, mais doivent aussi et surtout conduire les industriels de l’agroalimentaire à repenser les produits en terme de créativité marketing et communication qui tiennent compte du consommateur et de ses nouvelles évolutions liées à la crise et aux attentes de consommer mieux face aux diverses pandémies (obésité, de diabète…) en France comme à l’International. La différence se fera par la créativité et l’innovation qui n’appartiennent pas qu’au seul domaine du produit.

La PME bretonne Phare Ouest a déjà fait preuve de réactivité et d’intelligence marketing en lançant dès 2010 le premier cola édulcoré aux extraits purifié de rébaudioside A de Stévia, l’édulcorant naturel issu de la plante Stevia rebaudiana. Après avoir initié avec son Breizh Cola la vague des colas régionaux, Phare Ouest a bousculé le marché face aux grands groupes en lançant le premier cola édulcoré au rébaudioside A.  Grâce à un arôme naturel, l’édulcorant ne fait pas apparaître l’arrière-goût de réglisse parfois mis en avant. Comment une petite structure a-t-elle pu se démarquer face aux géants de l’agroalimentaire ? En dépassant une vision traditionnelle du marketing par une démarche créative et innovante avec une optique de marketing sociétal orienté vers le client.

Source

”PNNS : [http://www.mangerbouger.fr/bien-manger/les-9-reperes/produits-sucres-a-limiter.html|http://www.mangerbouger.fr/bien-manger/les-9-reperes/produits-sucres-a-limiter.html||http://www.mangerbouger.fr/bien-manger/les-9-reperes/produits-sucres-a-limiter.html]

Télécharger [le RÈGLEMENT (UE) N o 1131/2011 DE LA COMMISSION|http://eur-lex.europa.eu/JOHtml.do?uri=OJ:L:2011:295:SOM:FR:HTML||le RÈGLEMENT (UE) N o 1131/2011 DE LA COMMISSION ] du 11 novembre 2011modifiant l’annexe II du règlement (CE) n o 1333/2008 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les glycosides de stéviol 

 

[http://www.francetv.fr/info/l-abus-de-sucre-aussi-dangereux-que-l-alcool-ou-le-tabac_58123.html|http://www.francetv.fr/info/l-abus-de-sucre-aussi-dangereux-que-l-alcool-ou-le-tabac_58123.html||http://www.francetv.fr/info/l-abus-de-sucre-aussi-dangereux-que-l-alcool-ou-le-tabac_58123.html]

L’abus de sucre aussi dangereux que l’alcool ou le tabac ?

 

Plus que le sucre, c’est le «fructose» industriel présent dans les boissons et aliments sucrés qui présente un risque.(J-C. VAILLANT / AFP)
Publié le 04/02/2012 | 09:35 – JC Vaillant/AFP

 Le monde
Trop de sucre nuit gravement à la santé|http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/02/02/trop-de-sucre-nuit-gravement-a-la-sante_1637898_3244.html||Trop de sucre nuit gravement à la santé]
LEMONDE | 02.02.12 | 16h39   •  Mis à jour le 03.02.12 | 11h50”

«À nouveaux consommateurs, nouveau marketing»

Selon Philippe Jourdan, François Laurent, Jean-Claude Pacitto, qui viennent de publier sous cet intitulé un livre aux éditions Dunod, un nouvel acteur, le conso’battant a émergé avec la crise que nous subissons depuis 2007.

Le conso’battant consomme moins et est plus attentif. Il recherche les informations qui vont lui permettre de prendre des décisions d’achat pertinentes. Selon les auteurs, les comportements des consommateurs français sont à l’origine de bien des changements actuels dans le secteur de la distribution. Elle n’est désormais plus considérée comme l’ultime rempart contre la vie chère.

Le conso’battant n’hésite plus à fréquenter les magasins discount. Désormais 15 % des achats alimentaires y sont effectués. Selon leur étude, la grande distribution ne correspond plus aux attentes du conso-battant.

Il diffère ses achats, attend les soldes, les déstockages. Il est orienté prix, les compare et décrypte les tactiques des marques et les fausses promotions. (par exemple les packs familiaux ou en lots plus chers qu’un achat individuel). Très attentif, il demande plus de transparence, s’inscrit dans la durée et ne souhaite pas d’innovations d’opportunité. ll est éduqué et lucide.

Il favorise les achats plus locaux, les circuits courts, les épiceries de quartier. Il s’inscrit dans une éthique de consommation durable. Il évite le gaspillage et la pollution, par exemple les achats en doses individuelles ne sont plus plébiscités et il ne surdose pas les produits d’entretien. Il veut des valeurs et du sens.

Ces attitudes vont contraindre les entreprises des PAI, de l’agroalimentaire, de la distribution à revoir et à repenser leur stratégie marketing et de communication. Quelles sont les attentes de ces nouveaux consommateurs en termes d’innovation ? Comment surmonter la défiance envers les marques, comment mettre en place un dialogue efficace avec le conso’battant ?

Mettre le consommateur au cœur des processus nécessite un changement profond des approches marketing et de communication.

Biographie des auteurs Philippe Jourdan – Docteur ès Sciences de gestion, HEC et Maître de conférences à l’université d’Evry, chercheur au Cerag (CNRS) et membre du comité scientifique du CESP. François Laurent – Président du comité scientifique de Panel-on-the web, coprésident de l’ADETEM.Jean-Claude Pacitto – Maître de conférences à l’université Paris Est et membre de l’IRG. Il s’intéresse à la gestion de la PME, notamment en termes d’innovation et de commercialisation, et à la rationalité des dirigeants de PME. Il étudie également les relations inter-entreprises et les stratégies dans la grande distribution.

Alimentation infantile : publication d’une nouvelle réglementation en Chine

Le ministère chinois de la santé multiplie en ce moment les annonces liées à la sécurité alimentaire.

Dans un pays où l’ambition affichée est de devenir un grand pays exportateur de produits alimentaires et où la politique de l’enfant unique a fait de l’enfant, le bien le plus précieux de la famille, il était urgent pour la Chine après le scandale de la contamination des laits infantiles à la mélamine, de rétablir son image, à la fois sur son marché intérieur et à l’international.

Samedi 4 février 2012, une réglementation relative à la standardisation des « préparations pour nourrissons destinées aux enfants souffrant de maladies congénitales.» vient d’être annoncée par l’agence Xinhua. Selon l’agence, le ministère de la santé considère que l’alimentation de ces enfants nécessite des préparations adaptées.

Six typologies de préparations infantiles pour enfants atteints de maladies congénitales sont présentées dans une annexe. L’agence Xinhua précise que selon le règlement, les formules récemment développées sont exclues de l’annexe et qu’elles doivent être fabriquées conformément aux normes nationales de sécurité alimentaire. Toutes les formulations devront également s’appuyer sur des études scientifiques avérées.

Formulations sans lactose, formulations pour prématurés, compléments à l’allaitement maternel devront désormais se conformer à la nouvelle réglementation publiée vendredi 3 Février dernier par le ministère chinois de la santé.

De nouvelles mesures pour sécuriser les aliments en Chine

Le scandale du lait contaminé en Chine apparu en septembre 2008 avait soulevé de nombreux débats et mis en évidence les insuffisances des systèmes de contrôle qualité ainsi que la question du droit à l’information en terme de sécurité alimentaire.

Aujourd’hui, le Ministère de la santé chinois, selon Wang Meng de l’agence de presse Xinhua (31 Janvier 2012), vient d’annoncer que les normes alimentaires actuelles en Chine devraient être révisées d’ici la fin 2015. L’objectif affiché est de réduire «les chevauchements et les contradictions» entre les 1900 réglementations alimentaires nationales, les 1200 normes locales et les 3000 normes de l’industrie alimentaire.

Les additifs alimentaires, l’étiquetage des produits, les contaminants, les biotoxines et les résidus de pesticides feront également l’objet d’une nouvelle approche. La modification de la réglementation sur la sécurité des aliments, en s’appuyant sur des études scientifiques, va également être accélérée.

Après la révolution verte et les effets de la décollectivisation, la Chine a vu une augmentation substantielle de sa production agricole qui lui permet d’être aujourd’hui autosuffisante et d’exporter. Cette évolution s’est également accompagnée d’une modification des modes de distribution et de consommation des aliments. Aujourd’hui, ce n’est plus tant la sécurité alimentaire que la sécurité sanitaire des aliments qui pose problème. La Chine depuis les nombreux scandales* dont la presse s’est fait l’écho, sait que son système est inadapté et la méfiance grandissante des consommateurs en Chine comme à l’export, conduit désormais le Gouvernement chinois à réagir.

En Europe, les diverses réglementations sont contraignantes pour nos industries alimentaires et nutritionnelles, mais ne présentent-t-elles pas une réelle opportunité pour nos entreprises françaises ? La France (Faguo ou le pays des lois en chinois ) qui peut être encore plus restrictive, ne serait-elle avisée de proposer à une population chinoise de plus en plus urbaine des produits sains ? Exporter en Chine, passe cependant par une meilleure connaissance de l’autre et de la culture chinoise. Le marketing et la communication doivent s’adapter.

Pour mémoire, le plus connu est celui de l’intoxication par de la mélamine en 2008 de 294 000 d’enfants en bas âge, souffrant de calculs rénaux. Six seraient morts. La mélamine, est une substance chimique riche en azote. Elle est généralement utilisée dans la fabrication des plastiques et colles. Elle aurait été ajoutée au lait infantile afin de relever le taux d’azote et passer les contrôles. Trois entreprises chinoises ont été concernées dans un premier temps, puis une vingtaine d’autres ensuite. Au total, plus de cent produits laitiers ont été concernés. Ce grave incident a dépassé les marques chinoises puisque plusieurs sociétés occidentales ont été obligées de retirer certains de leurs produits fabriqués avec du lait chinois. Ce scandale ne s’est pas arrêté au lait, œufs contaminés à la mélamine, sucre blanchi avec des décolorants industriels, traitement de riz moisi, blanchi, mélangé à de l’huile minérale, nouilles de riz blanchi avec un décolorant industriel, épinard, pois, raviolis exportés vers le Japon contenant des pesticides.