Le fructose, pas si anodin ?

Une étude publiée dans le numéro de février 2012 du Journal of Nutrition, et menée par des pédiatres de l’Université de Géorgie aux États-Unis sur 559 adolescents âgés de 14 à 18 ans, montre qu’une forte consommation de fructose est associée à une augmentation du risque cardio-vasculaire (RCV). Plusieurs facteurs de risques significatifs ont été linéairement associés à la consommation du fructose :
– pression artérielle systolique,
– glycémie à jeun,
– CRP.

Une relation inverse entre consommation de fructose et taux de HDL-cholestérol a été également observée. L’augmentation des risques cardio-vasculaires chez les gros consommateurs de fructose est également étroitement corrélée à l’apparition d’une obésité viscérale.

Depuis quelques décennies, le fructose obtenu par isomérisation du glucose provenant de l’hydrolyse de l’amidon de maïs est introduit dans de nombreux produits transformés, tels les boissons et barres. La consommation aux USA auraient été multipliée par 100 en 40 ans ! C’est sous cette forme qu’il aurait un effet délétère sur la santé cardio-vasculaire des enfants et adolescents.

Il semble donc que si la consommation des fruits reste toujours recommandé pour les enfants et adolescents, car la quantité de fructose est limitée, il n’en est pas de même pour le fructose utilisé dans les produits de transformation. Les médecins trouvent donc là un nouvel argument en faveur de la limitation des produits industriels riches en sirop de fructose, notamment les boissons sucrées et la confiserie.

Source : Pollock NK et coll. Greater fructose consumption is associated with cardiometabolic risk markers and visceral adiposity in adolescents.The Journal of Nutrition 2012 ; 142 : 251-7. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22190023

Pollock NK, Bundy V, Kanto W, Davis CL, Bernard PJ, Zhu H, Gutin B, Dong Y.

Department of Pediatrics, Georgia Health Sciences University, Augusta, GA.

Rouge

Le rouge est omniprésent en Chine car le rouge est la couleur du bonheur et de la chance. Il n’en a pas été toujours ainsi.

Urnes en laque, mausolé Ming de DingLing
Urnes en laque, mausolé Ming de DingLing

Le rouge dans les périodes reculées était synonyme de mort, remplacé depuis par le blanc.

Au rouge est associée la légende du nian (guo nian – passer le nouvel an), cet animal féroce et maléfique qui a peur de la lumière et du rouge. Pour s’en préserver, les habitants disposent lors du nouvel an chinois à l’entrée de leur maison des banderoles rouges.Le rouge est la couleur du mariage.

Les pochettes (hongbao) servent à mettre l’argent de la chance que l’on offre généralement au nouvel an chinois aux célibataires, enfants et adolescents mais elles peuvent être offertes à tout moment. C’est la couleur du partage des profits dans l’entreprise (fen hong). Dans l’opéra de Beijing (costumes et maquillage), le rouge a un sens positif qui symbolise la loyauté et le courage.

La porte rouge dans la chine ancienne était le symbole d’une famille riche et puissante. Le rouge dont on peignait les riches, en marquait sans équivoque le luxe et le bonheur qui y devaient régner. Le pavillon rouge désignait plus spécialement les appartements intimes des femmes de classe supérieure.

Par contre, lorsqu’il s’agissait des tuiles d’une toiture, le rouge ne pouvait caractériser qu’un édifice inhabitable. Les tuiles jaunes étaient réservées aux bâtiments impériaux, le vert aux demeures des nobles et le bleu aux sanctuaires et les eunuques comme le bas peuple au gris.

La couleur – vecteur émotionnel – comprendre par la peinture

Qufu 2008

En Chine les couleurs peuvent avoir une signification qui diffère grandement de la nôtre en France. Quand on travaille avec les Chinois, il est bon de savoir ce qu’elle représente pour eux.

En comparant la palette chromatique vive et soutenue en occident jusqu’à l’époque contemporaine, il est sans doute difficile pour un occidental de comprendre et d’apprécier la portée spirituelle et émotionnelle de la peinture chinoise. Toutefois, elle nous offre un excellent repère pour comprendre l’utilisation de la couleur en chine.

Si au cours de deux millénaires, la peinture chinoise a évolué, ce qui interpelle en premier lieu, c’est l’usage subtil et parcimonieux de la couleur. Cet usage est à mettre en relation avec le rôle fondamental joué par les lettrés qui peignaient en amateurs (wenren hua) pour échapper aux turpitudes du monde. Leurs goûts esthétiques ont largement influencé la pratique des artistes de métier et les artisans. Modération et retenue, valeurs essentielles de la culture chinoise les ont conduit vers des représentations simples et discrètes pour exprimer des émotions profondes, notamment dans les peintures de paysages (shanshui hua) ou dans les scènes de vie (figure humaine – renwu hua). L’extravagance était plutôt exprimée par les artistes de cour et la verve populaire des peintres professionnels et artisans.

L’usage du pinceau, souple, doux, terminé par une pointe effilée et de l’encre déclinée en plusieurs tonalités selon les dilutions dans l’eau – d’une encre, cinq couleurs, dit le Vieil adage – ont fait naître une variété de styles tant pour la peinture que l’écriture. La maîtrise de ces objets permet de rendre la matière, de suggérer l’espace, de mettre en relief les détails.

Si comme en occident, les couleurs sont obtenues par broyage et mélange de pigments dans l’eau, l’usage en est différent. Le peintre ne cherche pas à reproduire fidèlement l’objet mais à créer une atmosphère, à traduire un sentiment. La peinture d’idée (xieyi) avec son approche libre et expressive, ses lavis légèrement teintés empreints de douceur est particulièrement représentative. Elle s’oppose au style « méticuleux et richement coloré » (gongbi shongcu).

Le dragon symbole, différences entre orient et occident

Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. En occident, le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Les symboles ne sont donc pas les mêmes, le dragon est un bon exemple des différences qui peuvent exister entre les approches orientales et occidentales dont il faut tenir
compte, lors de nos échanges.

Le dragon asiatique

DragonYuYuan

Le dragon, dans la mythologie chinoise est une créature bienveillante. Il apparaît et disparaît à volonté, s’élevant dans le ciel à l’équinoxe de printemps et plongeant dans les eaux à l’équinoxe d’automne. Dans l’ancienne Chine féodale, il symbolisait le yang, un des deux principes avec le yin, régissant l’univers. Il représentait l’autorité impériale et chaque empereur était l’incarnation du dragon dont l’image ornait tous les attributs de l’empereur. Profondément enraciné dans la culture du pays depuis des millénaires, il reste aujourd’hui encore une image tutélaire des chinois, qui se veulent des descendants du dragon « long de chuan ren». De la préhistoire aux époques Qin et Han, sa forme n’était pas encore établie, il pouvait ressembler à un porc ou à un serpent. Son aspect actuel, fruit d’une longue évolution est le suivant : corps de serpent, pattes de lézard, serres de faucon, cornes de cervidé, queue de poisson et face barbue. Une perle est souvent représentée à ses côtés. Cette forme était déjà fixée sous la dynastie Song. Chen Rong*, fonctionnaire impérial, (jinshu en 1235 sous le règne de Lizong, préfet de divers districts avant de rejoindre la capitale impériale), lettré, peintre, poète et calligraphe le représentait déjà sous cette forme. Les images du dragon de Chen rong rayonnèrent hors de Chine. La majorité des images japonaises du dragon sont inspirées de son oeuvre qui sont encore conservées dans les musées japonais.

Dragon à l’encre, Chen Rong, époque Song du sud, rouleau encre et couleurs sur soie, 201,5 cm x 130,5 cm, musée de la province de Guangdong à Guangzhou.

le dragon occidental

Issu de traditions celtiques, le dragon apparaît dès l’art paléochrétien.Le dragon médiéval est un monstre malfaisant et hideux toujours associé au mal. Comme en latin, draco signifie à la fois dragon et serpent, le dragon est lié au serpent et en particulier au tentateur de la Genèse, qui a poussé Adam et Ève à goûter le fruit défendu. Les encyclopédies médiévales le classifient donc comme un serpent.

Le dragon est représenté le plus souvent avec deux pattes griffues, une longue queue de reptile, des ailes, (voir Vitale d’Aimo de Cavalli de Bologne 1330-1359 – Panneau de Saint-Georges et la princesse ») voire plusieurs têtes (tapisserie de l’apocalypse). Tapisserie de l’apocalypse, tissée entre 1373-1384 par Nicolas bataille, l’ange et le dragon, dessiné par Jean Bondol, qui avait nourri son inspiration des manuscrits peints en possession du roi Charles V.

Le dragon est terrassé par de nombreux saints (Saint-Michel, Saint-Georges) dans des combats qui symbolisent le triomphe du Bien sûr le Mal, voire la victoire du christianisme sur le paganisme.

*Repères : Règne de Saint-Louis (1214-1270) la Sainte Chapelle, l’art du Vitrail…